Sa naissance à la maison

Parce que l’arrivée de BB4 à la maison a été magnifique, magique j’ai envie de le partager et de l’écrire. D’aujourd’hui plus d’un mois après de le re-décrire scène par scène pour pouvoir le relire et le revivre encore et encore sans oublier mes pensées et anecdotes.

J’étais dans un état d’esprit où j’étais prête, prête à accoucher et j’aurais voulu que ce soit ce jour-là jour anniversaire de Superzhom. J’en étais un peu désespérée car depuis 2 jours je pétais la forme et franchement je me disais qu’il y en avait encore pour longtemps. Mais on sait jamais donc on essaye quelques astuces.

Au lit avant de m’endormir, je me détend complètement et je dis à BB  » franchement vas-y tu peux y aller ! « . J’y crois pas vraiment mais le fait de tout détendre en mon bas me permet de croire que j’ouvre le passage pour BB. Puis je m’endors…

Et là ! à 01h00 du mat’ première contraction ! Mais au début c’est genre une petite, celle qui peut se produire après un effort (ou une relation). Pour moi c’est le moment de la mettre à profit : aller je masse mon ventre vers le bas. Puis en fait plus rien 🙁  j’essaye de me rendormir mais j’ai tellement eu l’espoir que les yeux se ferment mais pas les pensées. Et Hop ! Une contraction ! (on croirait qu’à chaque fois je suis comme une gamine qui trouve les chocolats à Pâques, youpi !) Allez j’y crois je regarde l’heure 02h00 bon c’est noté dans la tête. J’attends tout en massant et en me détendant un max, mais au fond c’est l’excitation et la peur d’être déçue. Surtout que Superzhom aussi aimerait que ce soit pour son anniv’. Une autre arrive env 10 min après, pour le moment ça sonne « GENIAL! » dans ma tête. Et une autre, et une autre. Là ! Je commence sérieusement à y croire et me dis même « ça y est je vais le faire! », « c’est aujourd’hui! ».

Allez je sors du lit vérifier ça tranquillement en bas si mes contractions sont bonnes ou pas. Je commence à noter. 1…………2……….3………… Non ! Je remonte, j’ai froid et mes contractions se rapprochent et me font mal déjà. J’arrive dans la chambre je cherche des chaussettes tout en réveillant Superzhom, qui lui me regarde tout pleins de désirs exités. Je lui dis quand même que je peux peut-être me tromper, mais quand il regarde ma tête il me fait réaliser sûr de sûr que non c’est la bonne. Alors une fois un peu plus habillée je redescends il est 02h30 environ, j’hésite à appeler tout de suite ma SF car il est tôt et je ne pense pas non plus accoucher dans 2 heures. Non, je pense que ce sera plus pour 9h00 ou 10h00.  Elle est quand même à 2 heures de route je décide de l’appeler tant pis pour le réveil très matinal. Je lui fais le topo et lui dis que je pense qu’il y a pas le feu (en pensant à mes autres accouchements) c’est surtout pour prévenir que c’est aujourd’hui et ce matin. Elle me répond de la rappeler dans une demie heure. . . Bon. Ok ça fait court une demie heure ! Qu’est ce que j’aurais à lui dire de plus dans trente minutes à part que je vais peut-être l’empêcher de dormir plus. . . Mais là ça y est les contractions se rapprochent à 7/8min. Euh finalement je la rappelle même avant 30 minutes et je lui dis « euh finalement ce serait plus prudent de partir maintenant car là c’est assez constant. Ok en attendant j’appelle la SF de la ville d’à coté qui m’a dit que je pouvais compter sur elle le temps que sa comparse arrive. Au bout de 4 coups de fil ça y est elle répond et se prépare à venir.

Il est 03h30 et ça y est là mes contractions sont régulières depuis un moment, pas forcément toutes de la même intensité mais régulières. Ma SF de la ville d’à côté est arrivée et on commence à préparer les enfants. Pour moi je trouve que c’est un peu tôt s’ils pouvaient dormir encore un peu ce serait pas trop mal on peut peut-être attendre une heure surtout qu’on va juste les emmener chez les voisins. Alors on commence à contacter les voisins par téléphone et ça ne répond pas. Je lui dis d’aller tocquer à la porte et d’insister s’ils ne répondent pas vu l’heure ils sont forcément profondément endormis. Ok la SF me dit de ne plus me tracasser pour ça et que ce ne sont plus mes affaires, que je dois maintenant me concentrer sur mon travail. Ok ça me va je fais ça ! Mais ça commence à me faire vachement mal. On pose tout de même un peu le monitoring pour vérifier que tout va bien. Elle me demande si je veux qu’elle m’examine et je réponds « non pas tout de suite ». Je veux d’abord bien travailler et là je n’ai pas du tout envie de m’allonger. Je commence à avoir faim mais les contractions me font mal et j’ai peur d’en vomir. Ma SF me ramène quand même une pomme. Que je n’ai jamais mangé.

Les voisins ont finalement répondu et les enfants se réveillent tout doucement. En même temps il n’y a pas le feu. C’est tout simplement moi sur mon ballon en train de me balancer pour essayer de me soulager. Mais j’ai mal quand même. Ça devient intense et maintenant quand j’ai une contraction ma SF me frotte le bas du dos,… Qu’est ce que c’est bon !!!! Tu sens la douleur mais tu sens aussi un sorte de bien-être. Du coup dès que j’ai une contraction je lui fais signe. Il me semble que instinctivement comme les enfants sont toujours là je reste un peu tendue mais je sens en fait que ça n’attendra pas les 9h00 ou 10h00 du matin. Alors je décide d’aller au toilette en espérant y aller entre 2 contractions, mais non ce n’est pas possible, a la vitesse où je me déplace et la fréquence des contractions mathématiquement même les toilettes à 2m, c’était impossible . Aux toilettes je me contorsionne de douleur en me désespérant de 2 choses. Que ce n’est pas possible d’appeler ma SF pour qu’elle me frotte le dos à cet endroit là (un peu génant quand même) et qu’il faudra faire le retour. Sur le retour je croise un de mes petits gars, Eni, et je lui fais un gros bisous et lui dis à toute à l’heure. Je me pose en sachant qu’il en reste 2 encore, le plus jeune, Doudou lui est dans les bras de papa et suis de pas très loin Eni, donc c’est presque bon. Sauf que Toto, lui, c’est le plus lent et il est livré seul à s’habiller là haut. Aller je patiente encore mais cette fois-ci je veux qu’elle m’examine car je crois là que j’ai bien travaillé. Et elle a intérêt à me donner une bonne nouvelle ! Je m’allonge tant bien que mal et me dis que « peut-être je n’y arriverais pas » mais c’est trop tard, c’est lancé. Je doute car je me dis « oui si j’ai bien travaillé cela voudra dire que bébé sortira dans pas très longtemps ». Mais pourrais-je le faire ? Ici à la maison ? Je vais pousser quand comment ? Comment cela va se passer ? Je vais avoir archi mal là en fait ! Je suis trop dingue de vouloir faire ça ! A la limite je n’ai qu’à m’évanouir comme ça j’accouche pendant que je suis dans les pommes ! Sérieusement je ne me prends plus au sérieux et je me demande ce qui m’a pris d’avoir voulu ça. Je devais certainement pas m’en rendre compte ! Parce que là J’ai TROP MaL !!! Je suis en train de me visualiser en train d’accoucher  et là je sens le drame arriver. OUi c’est ça je SUIS folle et je vais le payer !

Là ma SF m’annonce que je suis ouverte à 7/8 doigts, que c’est très bien. Je suis presque positive car je reprends mes esprits. Dans tout ce laps de temps toilettes et examen ma 2ème SF est arrivée. Ça y est j’ai 2 SF rien que pour moi, enfin presque il faut qu’elle s’installe et prenne les nouvelles. J’ai l’impression que je gère mieux les contractions, elles sont vachement longue mais je gère. Oui je suis une WARRIOR c’est pour ça ! En attendant je vois Toto pointer le bout du nez à l’escalier. Je lui dis de descendre je le caresse dans le sens du poils pour qu’il accélère et surtout qu’il ne se mette pas à bouder. Ok sa marche ! Je lui fais un énorme câlin et lui annonce que son frère sera là ce matin. Dans la lenteur habituelle de Toto il quitte la maison pour aller chez les voisins. Là pour moi je décide qu’il est temps de monter dans ma chambre, je veux être prête.

Tranquillement on monte et on prépare les affaires. Je commence à m’impatienter, où est mon superzhom ? « Il va arriver ne t’inquiète pas ». Bah tiens le voilà ! Il doit encore préparer les dernières choses pour mon confort. Mon ballon est là sous moi et moi je me dis que je sens qu’il ne va pas tarder là, je vais alors m’installer. « Mettez moi simplement la petite lumière s’il vous plait » « Veux-tu bien prendre les serviettes douces, celles qui sont placées plus haut dans le tas » L’ambiance change, quelque chose va se produire. Oui c’est vrai un nouveau petit être va venir peupler la terre, un nouveau membre va venir compléter la famille qui est déjà assez grande. J’ai l’impression que l’on se retrouve juste comme un public qui attend que le rideau s’ouvre. Avec beaucoup de respect les choses se préparent en chuchotant, en douceur. Mais oui le nouvel arrivant arrivera dans un cocon bien confort, plein d’amour et de tendresse.

AAAAAHHHh !!! Il est tant qu’il arrive alors il me semble bien que entre et pendant mes contractions je relâche la porte, un peu comme si, ça y est ce n’est plus une porte qui se ferme c’est devenue une porte battante. Je me détends, mais cela ne veux pas dire que j’ai moins mal, non sérieux là ça fait de TROP mal ! Bon je vais travailler autrement « on va enlever le ballon ». Et là mon superzhom tend les mains et commence à retirer le ballon que HOP !!! C’est la douche ! Ah ! petite rigolade juste à temps et voici 2 ou 3 serviettes qui éponge le sol (j’ai pas compté). Je suis debout au bord du lit et je me dis que je vais grimper afin de m’installer à 4 pattes dessus. Mais non je ne le sens pas comme ça finalement, alors je reste là, debout les mains appuyées sur mon lit. Oui je sens qu’il reste que quelques minutes et ça y est il sera là. Ce petit être qui, là, je me dis, n’a toujours pas de prénom. Mais pas le temps de réfléchir. . . il arrive. « Est ce que je peux pousser là car j’ai envie » (et dans ma tête je me dis en même temps Je suis trop folle ça craint Là ! Put*** ça va déchiré sa m*** ! oui j’ai peur ) elles me répondent : que c’est quand je veux. Ni une ni deux voici la contraction qui me donne une sensation trop désagréable d’envie de pousser là il n’y a pas le choix. J’ai quand même une appréhension car j’ai l’impression que des selles vont sortir :/ C’est gênant.  De toute façon il faut que je pousse car il veut sortir et moi je veux qu’il sorte. Elles me disent que tout va bien et que je pousse quand je veux. Et bien là Allez ! On pousse encore, je me retrouve entre le debout et accroupi et mes jambes se mettent à trembler tellement c’est intense ce qu’ils se passe, il me semble que la tête sort. J’ai mal dans mon corps qui est ,j’ai l’impression, dans un autre monde. Il faut que ça cesse. Allez on pousse encore… Punaise ! Oui la tête est sortie. Allez vas-y ! mon superzhome est sur le lit en face de moi son visage collé au mien, il m’encourage et supporte mon cri de détresse quand je dis « Mes jambes !!!! Ahhhhhh !!!! » Bref ce n’est pas trop retranscriptible (mot qui n’existe pas) Et là les sage femme me disent « Il est là, tu pousses quand tu le sens, quand tu es prête ». Je ne suis pas prête mais il faut que je pousse. Allez on se motive on pousse encore ! Vaaasss-yyyy !!! « Voilà ,  Regarde, il est là, il est là, il est là, le voilà, Anja ? Il est là » En fait il a fallu répété car l’effort était si intense que j’avais l’impression de ne plus être dans mon corps. J’ai vu des ombres entre mes jambes, c’étaient les bras de la sage femme qui me tendaient mon bébé, il était là juste là un peu plus bas que mon ventre, en chair et en os. Et TAC ! et voilà me re voici dans mon corps, j’attrape mon bébé je le mets au bord du lit et je le regarde, les émotions sont très fortes tout se bouscule. Il est là juste à 20 cm de mon visage, moi toujours debout au bord de mon lit. J’y crois pas. Même au bout du 4ème quand tu le vois tu n’y crois pas. Il est là, tout petit, tout nu, tout complet et encore un être de ta chair. C’est toujours aussi incroyable, aussi émouvant. Je pleurais sans larmes (mon corps n’y arrivait pas) de joie et d’émotion. Mon mari m’embrasse d’amour, de merci, de félicitations. On coupe quelques minute après le cordon. Je suis un peu transie par l’effort dans ma position debout. Les sages-femmes me prient doucement qu’il faut que je bouge, qu’il serait bien que je m’allonge sur mon lit. Alors un dernier effort physique, on écarte un peu bébé et je grimpe au lit et on me rend bébé de suite. Et là nous parents nous voici dans le temps de la contemplation. On nous laisse quelques minutes et ensuite ma sage femme vient doucement nous interrompt pour me prévenir que quand je le sens il faudra sortir le placenta, mais il est déjà temps alors, je pousse et assez facilement il sort. Temps des vérifications, mon bébé toujours emmitouflé dans sa grande serviette et nous dans la couette, alors la question se pose : « comment vas-tu t’appeler toi ? ». Pour nous 3 tout va bien alors les sage femmes nous laisse tranquillement entre nous et descendent à l’étage du bas. Nous 3 on est dans une ambiance magique, c’est presque irréel, tellement je me sens bien d’être là, avec bébé, dans notre lit, tranquille, et j’ai réussi : j’ai accouché à la maison ! Une fierté. Et je me sens bien, tout s’est bien passé.

Après quelques délibérations ça y est notre bébé a son prénom, il s’appelle Ulysse. On fait les quelques formalités, l’heure de naissance, son poids quelques photos et quelques informations intéressantes: Le placenta, j’ai eu le droit a un cours, c’est intéressant. Et voici les 3 grands frères qui arrivent. Nous voici tous 6 réunis quelques 40min après sa naissance autour de lui dans la chaleur de notre lit conjugal qui est devenu d’un coup lit familiale. C’est un moment d’appréhension et de bonheur pour moi. Il sera gravé à l’encre d’amour à vie. L’appréhension était dûe à moi simplement mère que je suis j’ai pensé au décalage de chacun de mes gars dans leur place fraternelle.

Heureuse d’être là, heureuse d’être mère de 4 enfants, heureuse d’avoir une grande famille de 6. Bienvenu mon cher Ulysse !

 

Je remercie mes sages femmes qui ont simplement été parfaites ce jour. Je ne peux citer leur nom car je ne leur ai pas demandé mais elles ont été parfaites et authentiques. Proche de moi et discrète quand il le fallait. Elles sont entrées dans mon cœur car j’ai l’impression qu’un lien presque de maman s’est créé. Elles m’ont soutenues, ont été là avant et après. Grâce à elles on a vécu un moment idyllique. L’arrivée d’Ulysse a pour moi été représenté autrement. J’ai vraiment amené sur terre un autre être a qui je dois d’être présente pour qu’il devienne un bon adulte. Et pour le moment c’est un tout petit bébé, posé sur notre chère Terre.

Pour mes 2 premiers je ne connaissais pas les différents chemins de l’accouchement c’est nouveau on suit le protocole, pour le 3 ème je n’ai pu aller au bout du désir d’accoucher à la maison car il y avait un déménagement du coup pas le temps d’avoir un lien de proximité et plus intime avec une sage femme, dommage. Ce que je reproche c’est que nous suivons comme mouton que nous sommes et par sécurité (normal nous voulons donner la vie) aussi le simple protocole de grossesse/accouchement sans savoir qu’il existe différente manière de mettre au monde. Pas forcément l’AAD mais même simplement le cheminement. Les sage femme ou médecin infirmières orientent d’office d’une seule façon. Un peu comme à l’école où en oriente selon ton bulletin scolaire vers les sections S, ES ou STT. Et c’est dommage de découvrir qu’il existe autre chose une fois que cela est déjà fait. On ne fait pas tous 4 enfants !

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